Gestes d'eau  (1)

2006 - 2010

Des thèmes anciens reviennent, Paysages et Sous-bois, et sont traités selon "l'esthétique de la Flaque", pour voir.

Le jeu s'enhardit. Lorsque des petites mares et des rigoles cherchent à se répandre, il consiste à contrarier, accompagner, précipiter ou alanguir ces mouvements. Risque-tout, quitte ou double mais aussi, parfois, qui perd gagne... L'eau colorée nargue le peintre en inventant d'autres gestes pour d'autres résultats.

Raphaëlle Pia

"...Ce travail se tient à la frontière de la figuration. Le donné à voir rassasie l’appétit de l’œil au moment où le spectateur entre dans la matière picturale et joue à s’y perdre. Cependant l’architecture, qui reste vigoureuse et très présente, oriente le cheminement du regard à l’intérieur de la toile. Elle lui communique une dynamique — souvent celle de la verticalité ou de l’oblique ascensionnelles —, tandis que la fluidité, elle, offre une sensation de liberté, comme si ces toiles se tenaient au plus près de l’émergence...."

Elisabeth de Franceschi, 2009

 

La forêt de sapins, c'est noir-blanc, une horlogerie de branches qui s'enchaînent en un ballet de spirales. On ressent une verticalité, mais elle est masquée par le pas de vis des branches.
Quand il vente, pas d'accords, pas de chœur, un sifflement sauvage, monocorde, plutôt diabolique.
Quand il neige, elle se fige en une escouade de sculptures humanoïdes un rien comiques.
Quand il fait beau, elle attaque le soleil, le brise en éclats, lamelle la lumière et l'enserre d'une ombre implacable.
Quand il pleut, c'est une vieille cathédrale moisie qui embrume et c'est là qu'elle se fait un peu douce, un peu toiture.

Simone Bocognano, 2-05-2001